Mardi 2 juin 2009
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11:08
 quelques jours de l'important acte citoyen que constitue le vote de dimanche prochain, je dois bien avouer que mon choix a été le fait d'un processus long et tortueux, établi
d'avantage par défaut que par adhésion totale aux idées ou aux personnes. En voici le cheminement :
Tout d'abord, il faut savoir que pour le brave électeur d'Ile de France, le choix est plus dans l'embarras que dans la date : un maquis de 27 listes s'offre à lui, des plus absurdes
(Alliance Royale, Cannabis sans Frontières!) aux plus obcures (Union des Gens, Parti Humaniste, L'Europe de Gibraltar à Jerusalem), des plus foisonnantes (4 listes d'obédience écologiste, 4 listes
d'extrême-gauche) aux plus nauséabondes (Liste antisionniste de Dieudonné, Front National).
Laissant de côté les amuseurs, les illuminés, les lobbys et les groupuscules, je me concentrais sur les listes dites institutionnelles dont l'objet affirmé est la défense d'une certaine
vision, acceptable par une majorité ou tout du moins une grande minorité d'électeurs, de l'intérêt général. Avec comme critère supplémentaire l'acceptation du système Européen, si ce n'est
l'enthousiasme pour celui-ci. En ce qui me concerne, une sélection réduite aux listes suivantes : la liste PS de Harlem Désir, la liste UMP-NC de Barnier et Dati, la liste Modem de Sarnez
et enfin la liste Europe Ecologie de Cohn-Bendit.
A première (et à deuxième vue), rien pour faire rêver. Surtout si l'on se penche sur les caractéristiques et les parcours des principales têtes de liste :
Au PS, Harlem Desir a voté "Oui" au Traité Constitutionnel Européen en 2005 (bon point!), mais selon le Nouvel Obs sur les réseaux qui dirigent la France, c'est un ancien trotskiste (je n'ai
rien de particulier contre les trotskistes, je pense juste que je ne peux pas être d'accord avec l'un d'entre eux sauf s'il évolue radicalement, mais alors comment faire confiance à quelqu'un
capable d'une telle versatilité?). 2ème sur la liste, la députée européenne sortante et réputée pour ses travaux et son engagement européen, Pervenche Berès. Problème : Mme Beres a participé aux
travaux sur le Traité Européen, a appelé à voter "Oui", puis s'est ravisée sous l'impulsion de M. Fabius, qui s'était couvert de gloire dans cette affaire. Vient enfin le soldat Hamon, qu'il
convient de sauver en dépassant la barre des 18%. Voilà au contraire une excellente occasion de renvoyer ce prétentieux petit noniste au secteur privé, où il a prévu de repartir s'il n'était
pas élu. Ce n'est pas très chrétien pour le secteur privé, surtout en cette période de crise, mais ça démange...Donc trois fois non au PS.
A l'UMP, ça va beaucoup plus vite : pourquoi pas Barnier, Européen convaincu quoique peu enthousiasmant de sa bien terne personne. Mais alors Rachida Dati et son incompétence assumée et
revendiquée, jamais! Et le pire, c'est qu'elle va être élue quoiqu'on fasse...pauvre Europe...Donc mille fois non à Dati.
Au Modem, pardon, au parti de François Bayrou, on me propose comme d'habitude depuis 4 scrutins maintenant la chère Marielle de Sarnez, dont le creux permanent du propos n'a d'égal qu'un
engagement européen sans doute sincère, une dévotion tout aussi sincère au Guide et une inexplicable agressivité envers ses interlocuteurs des plateaux télé. Par ailleurs, il sera bien
temps en 2012 de régler, le cas échéant, ses comptes avec Sarkozy : ce n'est pour l'heure pas le moment. Donc plutôt non.
Reste la liste de Cohn-Bendit, Europe Ecologie. A priori dépassée dans son objet quand tous les partis se sont désormais saisis du combat environnemental. A priori discréditée par l'alliance avec
ce pitre violent de José Bové (mais c'est une autre circonscription, donc c'est étanche). A priori éculée par le pathétique ultime combat d'un Dany le Rouge bien fatigué. Cependant, voter pour
un allemand à une élection européenne, c'est un concept qui m'avait déjà plu en 1999... Cependant, l'engagement européen du bonhomme retient l'attention et force l'admiration...Et puis...Eva Joly!
la présence de la courageuse magistrate scandinave en 2ème position, pour l'envoyer dans un cénacle où ses convictions et son combat pourraient être bien utiles, voilà une bien enthousiasmante et -
enfin ! - positive raison de retenir une liste. Et la dame qui est allée tracter dans le bientôt ex-fief tiberiste du 5ème arrondissement, voilà du panache, voilà un combat qui mérité d'être
soutenu!
En conclusion, si on n'aime pas Berlusconi, les pratiques des Hauts de Seine, les notes de frais des députés britanniques, les ventes d'Eurofighters anglais à l'Arabie Saoudite, les
Tibéri et tutti quanti, , si l'on souhaite que le combat contre la corruption, l'affairisme et les magouilles politiques soit enfin mieux porté au niveau européen, voici un choix représentant un
message fort et pouvant faire honneur aux Français et à leur démocratie.
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