Vendredi 19 janvier 2007

Nicolas Hulot devrait faire connaître sa décision d'être ou non, candidat à la présidentielle dans quelques jours. Aux dernières nouvelles, il aurait toutes les raisons de ne pas y aller :

- l'élan de sympathie autour de sa candidature semble s'essouffler à mesure qu'il descend de son piédestal moral vers la fange politicienne;

- les candidats principaux et/ou ayant une chance de l'emporter (Royal, Sarkozy, Bayrou) ainsi que 427000 citoyens ont signé son Pacte écologique : au-delà de ce succès, il apparaît que l'opinion publique est aujourd'hui sensibilisée au sujet environnemental qui fait désormais consensus dans la classe politique;

- Nicolas Hulot n'a pas vraiment envie d'être président : il souhaite crier sa colère et tirer la sonnette d'alarme devant la dégradation avancée de la planète. Mais la présidentielle, théoriquement, ça sert à élire un président qui a une vision globale du pays, pas à servir une tribune à une cause, fusse-t-elle aussi légitime (je sais, tout le monde ne partage pas cette analyse...) 

- il serait en train de négocier quelques places de députés "hulotistes" chargés de surveiller la mise en oeuvre de son pacte par le futur président, ce qui est sans doute plus efficace que 7% à une présidentielle...

 | GAMMA/JEAN-LUC LUYSSENDe plus, il est aujourd'hui un candidat qui développe à la fois la vision la plus juste de la société française, de ses failles, de ses atouts, qui promet les mesures les plus efficaces et les plus justes pour redresser le pays, qui incarne la morale publique et la démocratie comme aucun autre et qui a un programme environnental qui va au-delà de ce que propose le Pacte de Nicolas Hulot. Vous l'aurez deviné, je parle de François Bayrou, dont l'engagement écologique n'est pas récent, au contraire de certains de ses concurrents.

Et sans m'apesantir sur le bus au colza de 2002, je conseille vivement aux citoyens avec une sensibilité environnementale d'aller consulter sur www.bayrou.fr le programme écologique de François Bayrou qui prévoit notamment :

- des mesures préparant l'avenir de l'agriculture, avec le bois énergie, les biocarburants de seconde génération...

- des mesures sur les transports, avec une proposition de limitation généralisée de la vitesse de 10 km/h, la possibilité d'expérimenter les péages urbains, le versement des recettes du stationnement aux collectivités locales...
par Antonin Prade publié dans : Politique
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Jeudi 18 janvier 2007

Les Enfants de Don Quichotte, en installant des tentes de SDF en plein centre de Paris, ont voulu attirer l'attention sur la situation dramatique, tout particulièrement en hiver, des plus mal logés de nos concitoyens (c'est un euphémisme). Dans la foulée, une association a occupé, et occupe toujours, un immeuble de bureau parisien pour y créer le "Ministère de la crise du Logement". Pour ne pas être en reste, le DAL a brièvement occupé le siège de Gecina, la plus importante société foncière française.

Toutes ces manifestations sont pavées de bonnes intentions et ont comme objectif de sensibiliser l'opinion publique ainsi que les pouvoirs publics compétents en matière de logement et d'assistance sociale (Etat, Région, Département, Commune, c'est-à-dire tout le monde). Comme souvent dans notre beau pays, la mise en exergue de l'aspect humain d'une situation de pénurie et de déséquilibre (en l'occurence de logement, mais on pourrait parler d'emploi, de formation) attire une réponse compassionnelle et finalement non opératoire. Parce qu'on peut parier à coup sûr que le problème du logement et de la réinsertion des SDF ne sera pas réglé ni en 2008, ni en 2012 par la mise en place d'un droit au logement "à la française". A ce titre, un article de l'agence Télos éclaire les enjeux et les limites du droit opposable au logement : http://www.telos-eu.com/2007/01/droit_au_logement_attention_au.php

En fin de compte, pour le problème du logement, rien de plus efficace qu'une analyse objective des problèmes pour éviter de tomber dans les mesures gadgets ou, plus grave, et si français, dans la création et l'attribution de nouveaux droits affaiblissant ou appauvrissant d'autres catégories de citoyens. Les principaux points noirs du logement en France sont les suivants, dans l'ordre décroissant d'urgence sociale  :

- une insuffisance et une inadaptation des structures de logement d'urgence pour les populations en grande difficulté;    

- une production insuffisante et une faible mobilité de leurs occupants même quand leur situation a positivement évolué conduisant à un stock de logements sociaux insuffisant (déficit estimé entre 500 000 et 1 millions de logements sociaux) pour répondre à la demande, massive ;

- dans le parc privé, une déconnexion entre le rendement locatif et la valeur des logements qui conduit les propriétaires à vendre plutôt qu'à louer et donc à réduire le parc locatif;

- toujours dans le parc privé, un durcissement des conditions de location (loyers et cautionnement) qui exclue de fait certaines populations et qui crée une situation absurde de personnes en CDI avec un salaire théoriquement suffisant se voyant refuser l'accès à la location ;  

- une absence de flexibilité des loyers et des prix de vente à la baisse, en particulier dans les (nombreux) logements vacants construits dans des cadres fiscaux type de Robien;

- dans les centres-villes des agglomérations et à Paris en particulier, une pénurie structurelle de logements et une hausse continue des prix et des loyers. 

Certains choisissent de dénoncer les effets de la spéculation immobilière, entretenue par les promoteurs et les marchands de biens, l'inaction coupable ou complice de pouvoirs publics et la cupidité des propriétaires : ça défoule et ça donne bonne conscience. Au-delà des invectives le constat d'une allocation faussée et dégradée des logements en France permet de distinguer les  pistes d'action suivantes :

- les SDF et les très mal logés sont les seules populations qui nécessitent un interventionnisme et une prise en charge publique : cette prise durable et coûteuse est légitime car elle concerne des personnes qui sont "hors circuit" et ne se réintégreront pas seules ;

- l'accès à un logement social doit désormais être considéré comme un droit temporaire pris en charge et accordé par la Collectivité à des personnes satisfaisant certains critères de revenus et de besoins : de fait, les offices HLM doivent procéder à des réévaluation des ressources et des besoins (départ des enfants, par exemple) et imposer des hausses de loyer progressives en fonction des revenus ou des déménagements dans l'immeuble ou le parc en fonction des besoins. Voilà une mesure sûrement impopulaire, mais au fond juste et équitable et permettant de libérer des logements d'une part et d'augmenter les revenus des offices HLM d'autre part...il va sans dire que les critères de revenus pour accéder à un logement social doivent être revus à la baisse (12 000 euros par mois et par foyer à Paris, par exemple, seuil fixé pour loger des fonctionnaires ou des "amis"...)

- permettre aux collectivités locales de se porter caution de locataires satisfaisant certains critères, afin de rassurer les bailleurs privés, ce qui serait sans doute plus efficace que des amendes aux mairies quand le seuil de 20% de HLM n'est pas atteint (soit il n'y a pas de foncier disponible, soit les communes résidentielles acceptent de payer les amendes)

- à Paris et dans les centres-villes des agglomérations, faciliter la transformation de bureaux osbolètes dans les immeubles anciens en logements en favorisant la construction d'immeubles de bureaux neufs et adaptés dans des pôles économiques définis.

Propositions préliminaires évidemment, et à discuter... 

par Antonin Prade publié dans : Economie
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Mardi 16 janvier 2007

J'apporte à votre attention le dossier réalisé hier par le Figaro Entreprises sur la possibilité d'un débat politique au sein des entreprises et l'interview de votre serviteur (dernier paragraphe) :

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Lundi 8 janvier 2007

...le site de campagne de François Bayrou à l'élection présidentielle, que je vous recommande naturellement :

http://bayrou.fr

bonne lecture!

par Antonin Prade publié dans : UDF
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Dimanche 7 janvier 2007

Le Président de la République a, au cours de l’interminable série de vœux de la nouvelle année aux corporations du pays, a balancé, l’air de rien, qu’il abaisserait bien l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 20%, contre 33% actuellement, à horizon 5 ans.

Du Chirac tout craché. Ça peut prêter à sourire, voire satisfaire, certains, alors que c’est juste insupportable.
Décryptons le coup médiatique. Voilà un président largement démonétisé, y compris au sein de son propre camp politique, qui incarne aujourd’hui à lui tout seul une façon révolue de diriger un pays moderne, la politique de l’autruche pratiquée avec virtuosité par une bonne partie de la classe politique et la politique du guichet ouvert à des Français toujours persuadés et pas détrompés qu’il y a bien quelque chose à racler auprès de l’Etat. Voilà donc un président, qui au bout de deux mandats au bilan globalement négatif, et à quatre mois de l’échéance électorale majeure du pays, fait semblant de se tâter pour y aller une 5ème ( !) fois, essentiellement pour mettre des bâtons dans les roues du candidat du parti qu’il a lui-même créé.

Le plus triste pour la France et pour les Français, ce n’est pas ce pathétique entrechat d’un vieil homme qui a surtout peur de s’ennuyer après sa retraite, et qui veut se convaincre qu’il peut encore peser sur les événements. Le plus triste, c’est que cette proposition d’abaisser l’impôt sur les sociétés, et bien, elle est loin d’être absurde, en particulier à l’heure où l’Allemagne, par exemple, va massivement réduire les charges patronales pesant sur ses propres entreprises. Ce serait en effet une vraie impulsion pour dynamiser l’investissement et l’embauche dans des entreprises françaises dont les marges sont plus basses que celles de leurs homologues européennes, ce serait un vrai signal pour des entreprises étrangères hésitant à installer une filiale en France, dont la compétitivité relative est généralement considérée comme faible. Evidemment, une telle mesure nécessiterait de trouver des recettes pérennes (baisse des dépenses ou augmentation d’autres impôts, et pas l’endettement, merci), d’environ 15 milliards d’euros.

Bref, on voit que l’on discute ici d’un vrai choix de politique économique, au coût fiscal élevé, qui relève de la philosophie politique et sociale. Un choix du type de ceux que l’on tranche au cours d’une élection présidentielle, par exemple, quand le peuple choisit un chemin pour les 5 années suivantes.
Et bien non, en France, en 2007, ces propositions majeure sont faites à quatre mois de l’élection par une personne au pouvoir depuis 12 ans, qui n’a aucune chance de les mettre un jour en œuvre et qui au fond n’y croit même pas lui-même. Tant pis pour le débat de société dont les Français ont besoin, tant pis pour cette mesure économique dont il va sans dire qu’elle sera, après cette sortie hors sujet, exclue de la campagne présidentielle. Tant pis, parce qu’au fond, pour le 1er des Français, pour l’homme qui a été élu par 82% des citoyens il y a 5 ans, ce qui compte vraiment aujourd’hui, c’est d’emmerder le plus longtemps possible Sarkozy.

PS : cher Jacques Chirac, avant de grimper définitivement dans les poubelles de l’Histoire, si ça vous amuse vraiment de faire gagner Ségolène Royal, réfléchissez juste un instant que le porte-parole de campagne de cette charmante dame est, malgré leurs profondes divergences de vue, le jeune Arnaud Montebourg. Il ne faut pas être grand devin pour deviner que leur rapprochement repose sur un pacte qui vous concerne directement : si Ségolène Royal l’emporte, Montebourg sera son Garde des Sceaux, avec carte blanche pour vous traquer, tel un chien enragé, parce que c’est le combat de la vie, et vous le savez bien. Rien de ça avec Sarkozy, évidemment. Quel dilemme cornélien ! Une retraite dorée sous la présidence de votre meilleur ennemi ou quelques rendez-vous pénibles avec des juges, des avocats et une opinion publique qui n’aura aucune pitié. Vous avez encore le choix, Monsieur le Président…

par Antonin Prade publié dans : Politique
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