Antonin Prade
Humanisme et Modernité pour Paris et pour la France
Betrand Delanoé, ci-devant maire de Paris, s'est récemment plaint de la qualité du travail des agents de police chargé de la circulation dans Paris et les a notamment rendus responsables des embouteillages dans la capitale.
Delanoé a notamment noté que les policiers laissaient les scooters et les motos circuler dans les couloirs de bus (peut-être est-ce pour ne pas attendre dans les pots d'échappement des voitures à l'arrêt?), que les cyclistes ne respectent pas la réglementation (mais d'où vient donc ce sentiment d'impunité des cyclistes à Paris?) et que les automobilistes empêchaient les piétons de traverser (prière de ne pas être bloqué dans les embouteillages sur un passage piéton).
Et le pire, avec la considération actuellement portée à la Police française par les bien-pensants de tous bords, c'est que ces accusations sur une tête de turc bien facile risquent bien de faire mouche auprès de parisiens qui en ont, il est vrai, avalé d'autres..
A 6 mois des présidentielles, et quel que soit son vainqueur, les membres des cabinets ministériels de l'actuel gouvernement Villepin sont bien peu certains de conserver leur boulot en juin 2007, que le nouveau président s'appelle Royal, Sarkozy ou Bayrou...
D'après le Figaro, cette population d'environ 700 personnes, originaire de grands corps pour la plupart, commence déjà à s'agiter pour trouver pour se trouver une situation et pas un placard.
Cette situation appelle plusieurs remarques sur le mauvais fonctionnement de nos institutions :
- les gens qui cherchent un nouveau boulot ne sont généralement pas au taquet dans leur futur ex-poste : de fait, la tête de l'Exécutif et de l'administration tournera au ralenti dans les 6 mois qui nous séparent de l'élection présidentielle, quoiqu'en ait récemment dit un président qui n'a heureusement plus que l'allocution du 31 décembre 2006 à nous imposer,
- les ministres eux-mêmes partageront leur temps entre la campagne électorale à venir et le placement de leurs poulains, qui au tour extérieur des grands corps, qui dans divers organismes publics satellites inutiles ou bien où les "placés" seront inutiles,
- les fonctionnaires de statut ont comme but de ne pas être placardisés dans leur corps d'origine, tandis que les collaborateurs venant du privé n'ont aucun filet de sécurité, ce qui n'est ni choquant ni grave vu le haut niveau de diplômes, mais qui constitue une inégalité de fait ainsi qu'un biais en faveur des hauts fonctionnaires en défaveur des compétences provenant du privé ou de la société civile.
Heureusement, le Premier Ministre, pour pallier cette insoutenable précarité, a eu la géniale initiative de mettre en place "une cellule d'« outplacement », avec chasseur de têtes, pour les membres du cabinet du premier ministre, un système inédit, faisant « baver d'envie », selon l'expression d'un collaborateur de l'Éducation, tous les membres des autres cabinets."
Nous voilà donc rassurés, puisque dans un pays où 2 millions de personnes recherchent du travail, 2 millions de personnes ont arrêté d'en chercher, où l'Etat dépense 20% deplus qu'il ne gagne et où la dette atteint le niveau que l'on sait, Matignon trouve encore de l'argent pour cette priorité incontestable qu'est le placement de ses collaborateurs à 6 mois de la fin de leur CDD.
On croit rêver, mais en fait, non.
PS : si un député UDF pouvait prochainement soulever la question du financement et du niveau de priorité de cette mesure à l'Assemblée Nationale, j'en serais fort aise
Encore un bien triste week-end français, où les informations du matin nous tiennent au courant des lamentables événements de la veille...
Samedi matin, deux bus incendiés en Ile de France,
Dimanche matin, une étudiante brûlée dans un bus à Marseille,
Lundi matin, 40 voitures et des jets de pierres sur des pompiers à Lyon, et un pompier amputé de deux doigts au cours d'un match de football à Nice.
Chronique de la violence ordinaire, dans la France de 2006.
A part ça, il semble que la dénonciation, à chaque exaction dans les banlieues, par certains responsables politiques, de l'action du ministre de l'Intérieur ne fait que légitimer le comportement stupide et borné de petits délinquants persuadés de mener une guérilla anti-Sarkozy. Le sujet est tellement grave qu'il devrait au contraire y avoir soutien unanime de la classe politique, non pas à Sarkozy dont la politique est par définition contestable, mais aux fonctionnaires de police et aux pompiers qui font (bien) leur boulot dans des situations particulièrement difficiles.
La politique de la sécurité, c'est trop important pour ne pas être discuté calmement, sans instrumentaliser ni les faits divers, ni la détresse des gens. Et ça tombe bien, il y a une élection d'ici quelques mois qui permettra de mettre tous les sujets sur la table. A bon entendeur...
Note : Chirac a appelé les parents de la jeune femme brûlée dans l'autobus. Respectable initiative de la part d'un homme aux abonnés absents sur la scène intérieure depuis plus d'un an et dont on doutait qu'il osat se remontrer après le documentaire de France 2 la semaine dernière sur sa glorieuse carrière...
J'apporte à votre attention une analyse très pertinente, et surtout non passionnée, de la question des jurys citoyens, proposés par Ségolène Royal pour reserrer le lien entre citoyens et élus...
Bonne lecture
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