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Lundi 30 octobre 2006

Encore un bien triste week-end français, où les informations du matin nous tiennent au courant des lamentables événements de la veille...

Samedi matin, deux bus incendiés en Ile de France,

Dimanche matin, une étudiante brûlée dans un bus à Marseille,

Lundi matin, 40 voitures et des jets de pierres sur des pompiers à Lyon, et un pompier amputé de deux doigts au cours d'un match de football à Nice.

Chronique de la violence ordinaire, dans la France de 2006.

A part ça, il semble que la dénonciation, à chaque exaction dans les banlieues, par certains responsables politiques, de l'action du ministre de l'Intérieur ne fait que légitimer le comportement stupide et borné de petits délinquants persuadés de mener une guérilla anti-Sarkozy. Le sujet est tellement grave qu'il devrait au contraire y avoir soutien unanime de la classe politique, non pas à Sarkozy dont la politique est par définition contestable, mais aux fonctionnaires de police et aux pompiers qui font (bien) leur boulot dans des situations particulièrement difficiles.

La politique de la sécurité, c'est trop important pour ne pas être discuté calmement, sans instrumentaliser ni les faits divers, ni la détresse des gens. Et ça tombe bien, il y a une élection d'ici quelques mois qui permettra de mettre tous les sujets sur la table. A bon entendeur...

Note : Chirac a appelé les parents de la jeune femme brûlée dans l'autobus. Respectable initiative de la part d'un homme aux abonnés absents sur la scène intérieure depuis plus d'un an et dont on doutait qu'il osat se remontrer après le documentaire de France 2 la semaine dernière sur sa glorieuse carrière...

 

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Vendredi 27 octobre 2006

J'apporte à votre attention une analyse très pertinente, et surtout non passionnée, de la question des jurys citoyens, proposés par Ségolène Royal pour reserrer le lien entre citoyens et élus...

Bonne lecture

http://www.telos-eu.com/2006/10/le_citoyen_lexpert_et_la_pisci.php/?utm_source=telos&utm_medium=email&utm_campaign=notification

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Mardi 24 octobre 2006

Agenda 2007 que faire ?Je lis actuellement "Que faire? Agenda 2007" du grand déclinologue en chef Nicolas Baverez, ouvrage faisant suite au désormais fameux "La France qui tombe".

Ai-je pensé à tout ça avant lui (j'aurais bien aimé) ? Ou bien ma réflexion est-elle finalement le produit des régulières sorties médiatiques des "déclinologues" dont Baverez fait partie?

Qu'importe finalement, car il a pondu le livre que j'aurais aimé écrire et envoyer à chaque candidat à la présidentielle, voire à chaque électeur français.

Il va sans dire que je recommande chaudement la lecture de l'ouvrage et désolé pour le manque de nuances de ce message...

PS : Merci également à Eric Le Boucher pour ses hyperlucides chroniques économiques dans le Monde du week-end, notamment la dernière datant du dimanche 22 et lundi 23 octobre 

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Lundi 23 octobre 2006

En réponse à Jean-Luc, qui me demande de développer ma dernière phrase, je dirais que la violence gratuite, parfois ludique, mais relevant essentiellement de la petite délinquance organisée manipulant des gamins sans valeurs ni repère, ne se poursuivra pas éternellement et ne se transformera pas en Intifada française, car il n'y a pas oppression des forces armées ni sous-jacent religieux ou idéologique

En ce sens, les émeutes sociales et raciales françaises ressemblent beaucoup aux émeutes connues par les Etats-Unis et en particulier la Californie au début des années 1990. Ces mouvements de violence ont fini par se tarir, sous l'impulsion de deux phénomènes : l'embourgeoisement d'une certaine frange des communautés et le repli communautaire

En France, 2 évolutions sont à mon sens possibles :

1. une sortie de crise par le haut, c'est-à-dire en gros par le développement économique partagé, avec multiplication des boulots en particulier attribués en priorité aux jeunes de ces cités, ainsi qu'avec la réintroduction de valeurs au niveau de la famille, des quartiers (ou sont les collectifs de voisins faisant le tampon entre flics et jeunes dans ces quartiers?) et de l'Ecole : on note que dans ce cas de figure, on ne fera pas l'économie de pôles-communautaires relais s'inscrivant dans le cadre républicain

2. une ghettoisation choisie et acceptée :  l'abandon par la police de ces quartiers aux petites bandes et aux petits trafics, qui y feront régner un semblant d'ordre et une paix sociale achetée à coup de subventions publiques

Partis comme on est, efficace et courageux comme l'est notre personnel politique, on se dirige gentiment vers la 2ème solution, ce qui expliquait la dernière phrase de mon article...

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Lundi 23 octobre 2006

Quelques réflexions en vrac sur la cocotte-minute des banlieues :

- ce n'est visiblement qu'une question de temps, ou d'une bavure, ou d'un accident, avant que ça ne reparte comme l'année dernière. Voir la note des RG sur la situation en Ile de France : toutes les conditions ayant amené aux émeutes de 2005 sont réunies, il ne manque que l'étincelle

- malgré quelques excès dus à une mauvaise formation, malgré un manque certain de psychologie dans certaines situations où il faudrait mieux laisser couler, les policiers qui opèrent dans les banlieues sensibles sont des héros quotidiens, qu'il convient de saluer : pas ou peu de bavures, même quand ils sont directement attaqués et piégés à 30 contre 3. Ce sont des jeunes gens, généralement issus des milieux populaires, qui sont directement confrontés à la misère sociale et à la déliquescence civique

- pourquoi y a-t-il d'avantage d'accrochages et de violences entre jeunes et policiers depuis 2002...2 réponses possibles : soit les policiers sont devenus des cow-boys provocateurs, agressifs et racistes depuis l'arrivée de Sarkozy au Ministère de l'Intérieur, soit les policiers sont revenus sur des territoires où ils n'évoluaient plus et ont dérangé un certain nombre de petits trafics et une impunité extra-républicaine. J'ai plus tendance à croire à la 2ème explication, même si ce n'est pas bien-pensant et que ça va plutôt dans le sens de la politique du ministre de l'Intérieur (bouh!)

- pourquoi un tel sentiment d'impunité, en particulier chez les mineurs? elle est à mon sens due à la démission des parents (qui a vu ou entendu des parents de jeunes émeutiers s'élever contre leur violence?), de la justice (ouh la la! les juges du Tribunal de Bobigny et le CSM vont encore dire qu'on attaque l'indépendance de la Justice), de l'Education Nationale (et attention, pas des profs pris individuellement, qui sont, eux, au front, mais sans soutien aucun quand il s'agit de punir, voire d'exclure). Un petit mot au passage sur le rôle de la presse qui, sous prétexte d'une couverture neutre du phénomène, met sur le même plan les forces de l'ordre et les émeutiers et toute action violente contre les biens et les personnes comme l'expression quasi-légitime d'un mal-être social

- on sous-estime la dimension raciale du problème, et en particulier la place des jeunes Africains de la dernière génération d'arrivants, qui ont le moins de repère et vivent dans une crise de l'autorité parentale et éducative permanente. Et s'il y a problème ethnique, il peut y avoir solution ethnique, c'est -à-dire de la discrimination positive ou des relais communautaires.

- il faut arrêter avec la condamnation du tout-répressif qui serait imposée par Sarkozy, même si c'est politiquement correct : tout d'abord, c'est faux, de grands programmes de rénovation urbaine sont engagés, les mairies continuent à "faire du social" ; ensuite, les émeutiers ont brûlé des gymnases, des crêches, des bus...

Mais rassurons-nous, le problème des banlieues, sous cette forme en tout cas, finira par se tasser, de lui-même d'ici quelques années, par un repli communautaire et un abandon du reste de la France...

par Antonin Prade publié dans : Politique
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