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Jeudi 28 décembre 2006
Je vous conseille vivement Le Jour où la France a fait faillite, un livre bien documenté et très réaliste de politique fiction sur le jour pas si lointain où les créanciers internationaux d'une République Française plombée par son laxisme budgétaire et la lâcheté de ses hommes politiques refuseront de lui faire crédit...
 
Alors d'accord, le bouquin est co-écrit par Philippe Jaffré (oui, oui, celui des stocks options d'Elf), d'accord c'est Ségolène Royal qui y a gagné en 2007, mais il a le mérite d'alerter, tant que c'est encore possible, sur cette bombe à retardement qui nous pend au nez et qui est un des principaux chevaux de bataille de François Bayrou et de l'UDF dans les échéances électorales prochaines. 
par Antonin Prade publié dans : Economie
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Jeudi 28 décembre 2006

Pour ne pas oublier en ces fêtes de fin d'année à quel point la France de 2006 va mal, à quel gâchis humain la relativisation de toutes les règles et de toutes les autorités a mené et l'ampleur du chantier pour 2007 et les années suivantes, voici un petit article un peu désespérant sur les auteurs de l'incendie du bus marseillais en novembre dernier, où une jeune fille a été brûlée vive :

Huit jeunes gens très ordinaires LE MONDE | 27.12.06

MARSEILLE CORRESPONDANT RÉGIONAL

Elle gît toujours sur son lit d'hôpital de la Conception à Marseille. Depuis deux mois, sa famille se relaie sans relâche à ses côtés : Mama Galledou, étudiante sénégalaise de 26 ans gravement brûlée sur tout le corps, était dans le bus marseillais de la ligne 32, incendié le 28 octobre au soir. Huit mineurs marseillais, dispersés dans toutes les prisons du Sud-Est, sont mis en examen pour "incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation permanente". Ils risquent jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle. Il semble bien, pourtant, qu'ils n'aient pas du tout réalisé la gravité de leur acte.

Les deux juges d'instruction connaissent déjà beaucoup de choses de ces mineurs "qui n'ont pas le physique des faits qu'ils ont commis", comme le dit Me Catherine Bui, qui défend l'un d'eux. Presque tous ressemblent "à un gamin qui a grandi trop vite", comme le dit un autre avocat. L'âge de ces jeunes gens va de 15 ans à 17 ans. Et le plus jeune, "tout frêle, tout petit, a l'air de sortir du CM2", selon son avocat, Me Philippe Vouland.

Sept d'entre eux habitaient les différentes cités que dessert l'arrêt de bus Les Lilas, un autre y venant souvent voir sa grand-mère et ses amis. Leurs familles sont souvent "dans un terreau de difficulté sociale", comme l'explique Me Jean Boudot, avocat de la famille Galledou. Mais elles sont très différentes.

Dans deux cas, le foyer semble vivant et calme : le père et la mère travaillent et s'occupent au quotidien de leurs gamins, qui sont de bons élèves. Bien sûr, il y a des histoires plus compliquées : après une séparation douloureuse, une maman seule, débordée et vivant entre RMI et allocations familiales, a un aîné déjà en prison. Le papa d'un autre est seul et chômeur, mais il semble couver ses enfants, et ses deux filles réussissent parfaitement bien.

Cet échantillon de jeunes gens paraît représentatif de la diversité qu'on rencontre dans les quartiers nord de Marseille. Deux sont de bons élèves, et un grand gaillard qui mesure 1 m 80 à 17 ans est inscrit dans un lycée privé classique pour échapper, selon ses parents, aux mauvaises influences des établissements difficiles. Les autres naviguent avec plus ou moins de bonheur dans des lycées professionnels. Un seul semble avoir lâché prise.

Le portrait judiciaire est aussi contrasté : un seul a connu la prison, et très brièvement. Un autre, dont le défenseur dit qu'il est "psychologiquement troublé", a eu maille à partir avec la justice des mineurs pour des outrages.

Amateurs de PlayStation et télévision en tête, ils sont tous mordus de foot, que pratiquent régulièrement quatre d'entre eux. Mieux : un des plus jeunes est capitaine de son équipe, quand un autre, judoka émérite, dispose de deux licences d'arbitre pour des sports collectifs. Comme le dit Me Hakim Ikhlef, qui le défend : "Cela montre qu'il sait ce qu'est l'autorité et l'interdiction de la violence."

Et pourtant... Neuf semaines après les faits et autant de jours de détention, après plusieurs auditions par la police et les juges, ils n'ont pas encore pris la mesure du forfait. Demandant une liberté provisoire qui lui a été refusée, l'un d'entre eux a esquissé quelques mots de compassion envers la victime. "Elle était étudiante comme moi", s'excuse-t-il. Mais tous ceux qui les ont entendus constatent, comme Me Alain Molla, avocat de la partie civile, "qu'ils restent dans le déni de la réalité". Et Me Boudot d'insister : "Pas un n'a dit : "Je suis accablé", devant le juge."

Ils reconnaissent pourtant tous avoir participé à ce que la justice appelle officiellement "une opération décidée, préparée, exécutée en commun". Mais, alors qu'ils connaissent certainement le rôle de chacun dans l'interception du bus, dans le maintien des portes ouvertes afin de faire évacuer les passagers, dans le jet de l'essence prise dans deux bouteilles préalablement cachées dans un buisson, personne ne veut avouer avoir jeté le mouchoir enflammé. Et personne ne veut dire qui l'a fait.

Comme l'explique Me Michel Lao, qui défend un jeune homme de 16 ans : "Ils racontent les faits comme s'ils avaient été commis par d'autres." Un autre avocat précise : "Les faits sont reconnus quand les juges leur sortent les vers du nez. Mais sans émotion." Comme s'ils avaient été commis "par le groupe, dont ils reconnaissent faire partie, "le groupe" endossant une responsabilité qu'ils n'ont pas tout à fait". Un avocat estime "qu'ils constituaient plus qu'un groupe informel, mais moins qu'une bande organisée". Me Boudot propose une image : "C'est comme quand un souffle de vent fait tournoyer quelques feuilles et que, bientôt, quelques autres viennent s'agréger autour d'elles, formant un tourbillon qui retombe avec le vent. Là il y a probablement quelques meneurs, plus bravaches que les autres, et d'autres qui suivent et participent."

"De toute façon, on est tous responsables de la même manière", a dit l'un des jeunes gens, quand l'autre se sent "juste coupable d'avoir voulu voir". Car il est acquis qu'ils ne voulaient blesser personne : la conductrice et les passagers ont témoigné qu'ils ont crié aux passagers de sortir du bus.

Gommant la souffrance de la jeune fille, ils s'en tiennent à leurs intentions initiales : il s'agissait de montrer que les jeunes Marseillais "bougent eux aussi" et peuvent faire comme ceux qui avaient brûlé un bus à Nanterre ou à Lyon. Me Thierry Ospital, chargé de la défense d'un fils de maçon, soupire : "D'un certain point de vue, c'est encore plus effrayant de constater que brûler un bus n'a, pour eux, rien de grave."

Ces huit jeunes gens baignent encore dans l'irresponsabilité, qui s'accompagne parfois d'un "sentiment d'importance" plus ou moins avoué. Le sentiment d'avoir brillé et de n'être pour rien dans les souffrances infligées à Mama Galledou.

PS : On notera juste la légère différence d'interprétation de la crise des banlieues entre ce qui peut ressortir de cet article et ce que raconte le Parti Socialiste (communiqué d'octobre 2006) : "Les atteintes volontaires à l’intégrité physique ont augmenté (...) depuis 2002, sur un terreau de montée des inégalités sociales. Le gouvernement n’a même pas tenu ses maigres engagements et le désespoir s’accroît."

 

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Jeudi 21 décembre 2006

Dans la presse française, on lit ça :

"Ségolène Royal a renoncé à se rendre aux États-Unis les 13 et 14 décembre, comme elle avait prévu de le faire. La candidate socialiste a expliqué mardi soir qu'elle était « invitée à un colloque à Boston du Parti démocrate américain, en présence de Bill Clinton ». Surtout, depuis déjà avant l'été, l'équipe de la candidate travaille pour organiser une rencontre avec (...) Hillary Rodham Clinton, sénatrice de New York et possible candidate démocrate à la présidence en 2008. L'occasion de jouer la « carte femme », comme elle l'avait fait au Chili avec la future présidente Michelle Bachelet. Mais Hillary ne sera pas à Boston la semaine prochaine. Royal a donc repoussé sa visite américaine à la fin janvier."

Mais dans la presse étrangère (Reuters), on lit plutôt ça :

L'une est française, l'autre est américaine. Toutes les 2 peuvent devenir les premières femmes présidentes de leur pays. Mais Ségolene Royal et Hillary Clinton vont-elles passer leurs batailles électorales respectives à se snober ? (...) La candidate socialiste, 53 ans, relative nouvelle venue en politique avec peu d'expérience en politique étrangère, avait peu fait secret de son souhait de rencontrer Hillary Clinton pour mettre en avant sa stature de chef d'Etat international. Mais après les gaffes du voyage au Moyen-Orient, la sénatrice démocrate était rien moins qu'enthousiaste à l'idée d'une rencontre publique avec la candidate française. "Hillary (...) ne veut pas être associée aux commentaires récents de Royal qui ne seraient pas bons pour son image, confie un de ses conseiller. Et Philippe Reines, un porte-parole d'Hillary, d'ajouter :  « Il n'y a jamais eu de réunion prévue ou à programmer. »

Et dans le Herald Tribune, on a le mot de la fin :  « Ségolène et Hillary deux femmes de gauche qui vont essayer de se faire élire. Mais la comparaison ne va pas plus loin . La relation Ségolène Hillary est un fantasme français. Car ce qui fait la force de Hillary Clinton ce sont ses idées politiques et non pas le fait qu'elle soit une femme. C'est la substance et la clarté des ses prises de position alors que le fondement de la popularité de Madame Royal c'est d'abord sa féminité et ensuite son apparence de modernité. Après ses mésaventures au Proche-Orient Madame Royal risque d'être accueillie par Madame Clinton avec un sourire crispé». Et bien même pas...

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Jeudi 21 décembre 2006

un blog que j'ai bien aimé parcourir et que je vous recommande : http://www.politiquecafe.com

 

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Mercredi 20 décembre 2006

Laurent Dominati et son père, Jacques Dominati, au cours des élections législatives de 1993. | BUU ALAINLa nouvelle vient de tomber et c'est un coup de plus à la démocratie française. C'est également un coup pour tous les citoyens de nos quartiers du Centre de Paris qui ne méritaient pas ça :

Après 6 semaines de débats et 17 ans d'enquête pour déterminer la responsabilité des Dominati, mais aussi d'anciens employés de la mairie et responsables locaux du RPR, Jacques Dominati a été relaxé, mercredi 19 décembre, par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des "faux électeurs", ces sympathisants recrutés illégalement pour le maintenir à la mairie du 3e arrondissement parisien. Il était mis en examen pour fraude électorale en 89 et 95, quand, selon l'accusation, un système avait été mis en place pour inscrire sur les listes électorales des sympathisants de droite habitant dans d'autres arrondissements ou en banlieue, pour "doper" les scores de Jacques Dominati.

Huit des quatorze autres prévenus ont été condamnés, dont Philippe Dominati, 52 ans, sénateur UMP de la capitale et fils de Jacques, qui a écopé d'une peine de six mois de prison avec sursis et de 2 000 euros d'amende. Il n'est cependant pas déclaré inéligible. Reconnu coupable de fraude électorale, sans être déclaré inéligible...pas mal!

L'autre fils Dominati, Laurent, a également été relaxé. Les prévenus condamnés devraient faire appel, ce qui suspendra l'exécution de la sanction.

Aujourd'hui retraité et âgé de 79 ans, Dominati n'avait pas contesté avoir su que certains de ses partisans s'inscrivaient indûment, tout en considérant qu'il s'agissait là d'une pratique acceptable "qu'on soit électeur dans un arrondissement (sans y habiter), dans la mesure où on y était attaché" «Ceux qui se sont inscrits dans le IIIe l'ont fait de manière naturelle, c'était une sorte de tradition. J'ai une liste de collègues de mon bord politique qui se trouvaient dans la même situation que moi. Si vous me la demandez, je vais être dans l'obligation de vous la fournir !». On croit rêver...

On rappelle que le procureur de la République avait évoqué, au cours du procès "Une fraude électorale massive mise en place en 1988 avec un double objectif : le maintien de Jacques Dominati dans le IIIe, et un grand chelem à Paris de Jacques Chirac, qui vient alors d'être battu à la présidentielle".

Quand la Justice se met à aller autant de travers, c'est vraiment le signe qu'un système politique clanique, clientéliste et méprisant le droit est à bout de souffle mais tient encore debout. A nous autres citoyens de ne jamais baisser la garde.

PS : je rêve en secret que cette bande de filous fasse appel et soit condamnée par la cour d'appel à du très très lourd...

par Antonin Prade publié dans : Paris
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