La Grande Illusion

Publié le par Antonin Prade

Bayrou en a rêvé, Sarkozy l'a (presque) fait...

Un radical valoisien à l'Ecologie, un centriste à la Défense, des socialistes aux Affaires Etrangères et aux Affaires Européennes...Ajoutez-y Fadela Amara à la ville, Valérie Létard à la solidarité, Barnier l'européen à l'agriculture, des femmes de qualité à la tête de plusieurs ministères régaliens. Ca ressemble à s'y méprendre à l'équipe qu'aurait formé François Bayrou s'il avait accédé à la présidence de la République. Ajoutez-y des clins d'oeil appuyés à nos partenaires européens et un voile pudique sur les sujets "sensibles", l'illusion d'une union nationale acceptée par tous pour redresser la France est presque parfaite.

Mais il ne peut échapper que cette illusion prospère sur l'absence d'opposition crédible. On a aujourd'hui l'impression que le périmètre de la droite au pouvoir va de Brice Hortefeux, ramasseur en chef des enfants perdus de Le Pen, à Kouchner le socialiste réaliste, en passant par Borloo, l'ex-centriste rassurant. C'est naturellement un peu large, un peu tiré par les cheveux pour ne pas être de la cosmétique appliquée à la maroquinerie. De son côté, la gauche traditionnelle, dépourvue de projet et de leader, portée avec peine par une base sociologique en situation défensive, empêtrée dans ses pathétiques divisions, donne l'impression de tourner à vide, de ne plus représenter personne. Elle n'a réussi son second tour des législatives que par un réflexe citoyen de ses électeurs et par un report significatif des électeurs du Mouvement Démocrate, conscients de la nécessité d'un contre-pouvoir, même si celui-ci n'est pas constructif. Preuve s'il en est qu'il existe des citoyens français qui ne sont pas convaincus, qui ne sont pas représentés par le pouvoir en place et qui aspirent à un autre projet politique, généreux mais réformateur, moderne mais humaniste.

logo Mouvement DémocrateA ce moment de l'histoire, malgré la douche froide des législatives, malgré la perte sèche pour le mouvement de personnalités de qualité restées fidèles à leur trajectoire politique, malgré le flou qui l'entoure, la dynamique est d'avantage au Mouvement Démocrate qu'au Parti Socialiste, ne serait-ce que parce que le positionnement idéologique est plus pertinent et que la base sociologique ressemble d'avantage à la France du 21ème siècle. Cette dynamique reste à consolider en rassemblant une équipe élargie de personnalités et de compétences (économistes, élus, chefs d'entreprises, universitaires, syndicalistes), en établissant des contacts avec les plus modernes du PS et (surtout) leurs électeurs et en structurant le mouvement pour faire de la place aux derniers adhérents et sympathisants. A ce jour, On est loin, mais ce sont là les conditions indispensables à la définition d'un projet politique et d'un projet de société portés par une nouvelle force de progrès dont les Français auront besoin dans les échéances à venir.

Publié dans UDF

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