De l'usage de nos impôts

Publié le par Antonin Prade

Un coup de gueule en passant à propos de l'usage de la redevance télévisuelle

Cet impôt non progressif, censé financer le service public de télévision, à savoir France 2, France 3, France 5, entre autres, pourrait à mon sens avoir un autre objectif que le financement de l'industrie de divertissement américaine.

Passe encore que la redevance finance les programmes sportifs populaires, tel le Tour de France, Roland Garros et la Coupe de la Ligue, qui pourraient être retransmis sur des châines privées...(la question de l'existence d'une spécificité du service publique dans la rediffusion d'évenements sportifs restant cependant à démontrer), mais je suis littéralement tombé de mon siège dimanche dernier quand j'ai vu une annonce des programmes du soir de France 2, à savoir :

- à 20h45 : 2 épisodes de FBI, Portés disparus, une série faisant l'apologie des fonctionnaires de police fédéraux des Etats-Unis (étonnant, sur une chaîne française)

- à 22h25 : un épisode d'Urgences, une série faisant l'apologie de la fonction publique hospitalière de l'hôpital de Chicago

- à minuit : New York 911, une série faisant l'apologie des fonctionnaires de police de la Ville de New York.

N'en jetez plus, heureusement, le journal de la nuit était présenté en français.

Qu'on se comprenne bien, l'industrie cinématographique US a un savoir-faire indéniable pour les séries et en abreuve les télévisions du monde entier. 24, Lost ou Rome sont des bijoux d'inventivité. Mais ces séries, dont l'équivalent est diffusé sur des chaînes privées, sont-elles indispensables au service public? En fin de compte, le produit de ma redevance télévisuelle ne pourrait-il pas servir à payer de vrais fonctionnaires de police ou de vraies infirmières, mais en France... 

Publié dans Politique

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Nicoreynaud 12/10/2006 18:46

Clairement, vous n'êtes pas copains sur le sujet. Les 2 points de vue se défendent (surtout celui d'Antonin, du reste).
Je bosse dans les relations presse et je crois pouvoir avancer que la gestion des ressources a tourné au n'importe quoi ces dernières années. Ceci posé, c'est un constat à relativiser depuis l'arrivée de Carolis, visiblement. Au plan budgétaire comme au plan programmation, pour reprendre la (très juste) remarque de Fred.
Autre angle d'approche : son montant. 126 euros en ce qui me concerne cette année. Sérieusement, Fred, ne nage-t-on pas en plein délire? J'ai la chance de pouvoir m'en acquitter sans trop de tumultes, quid des autres?  A l'heure où la revalorisation du pouvoir d'achat est débattue à toute les tribunes, je tombe des nues.
 
 

Fred 02/10/2006 11:59

Désolé, Antonin, mais je trouve ton "indignation" mesurée à la limite du ridicule. Bien sûr que France 2 se vautre souvent à vouloir concurrencer TF1 dans de domaines qui l\\\'éloignent de sa mission de service public. Mais ta redevance ne sert pas qu\\\'à financer les émissions à 2 balles de Stéphane Bern et quelques médiocres séries américaines (à discuter, Urgences, les Sopranos, Cold Case, y a pire). Avec la redevance, tu permets l\\\'éclosion d\\\'une nouvelle émission culturelle captivante quotidienne sur France 3. Tu permets l\\\'enthousiasme salvateur de Jean-François Zygel pendant tout l\\\'été sur la musique classique. Sans la redevance, est-ce que Thalassa existerait? Est-ce qu\\\'Arte existerait? Est-ce que tu pourrais voir les coulisses de Taratata? Franchement, ouvre un programme télé à n\\\'importe quel jour, ne crois-tu pas que dans l\\\'offre cumulée de France 2, 3, 4, 5  et O (bon, j\\\'avoue, je ne regarde que très peu France O) associée à Arte, les quelques sous que tu auras mis dans la redevance ne permettent pas d\\\'avoir un choix un peu plus digne que Sans Aucun Doute? Et au pire, si tu ne trouves vraiment rien à la télé ce jour là, tu peux toujours te rabattre sur la radio. Entre France Inter, France Culture, France Musiques et FIP, tu trouveras forcément ton bonheur sans trop de pubs. T\\\'auras forcément des rabats-joie gauchistes pour s\\\'indigner de la dérive droitière des programmes de France Inter. Mais il y reste quelques pépites (Rendez-vous avec X, Lodéon, Panique au Mangin Palace, Kriss, etc.) Certes, finançons les routes, les hôpitaux, et même la police, puisqu\\\'il le faut, mais il serait bien triste de sacrifier la culture (oui, elle est bien présente dans l\\\'offre du service public, même si elle n\\\'est pas hégémonique) sur l\\\'autel de la mauvaise foi politique.