PSG : ne le dites à personne...

Publié le par Antonin Prade

Quelques semaines après le drame de la Porte d'Auteuil, où un policier antillais a abattu un hooligan faisant la chasse au juif après un match perdu par le PSG face à l'Hapoel Tel Haviv, quelques vérités bien-pensantes assénées et martelées par la presse méritent sans doute d'être nuancées et complétées.

Si on ne reviendra pas ici sur la présence ancienne mais maintenant reconnue de supporters d'extrême-droite dans la tribune Boulogne, dont la responsabilité ne fait pas de doute dans nombre d'actes et de paroles d'essence raciste et antisémite, on est un peu étonné de la rapidité et de la facilité avec laquelle on fait porter tout le chapeau du drame à des petits fachos qui ont le mérite d'être des méchants idéaux.

En effet, ce qu'on a pu voir et entendre autour du Parc des Princes le 23 novembre dernier, c'est également des membres de la tribune Auteuil, métisée et banlieusarde, crier des "Palestine, Palestine" et brandir des drapeaux palestiniens. Certains témoins ont également pu constater que la meute en furie était suffisamment métisée pour ne pas être composée uniquement de petits fachos blancs de Boulogne...

Mais autant l'antisémitisme d'extrême-droite est considéré comme le mal absolu, autant l'antisémitisme des banlieues, qui se propage avec comme lointain prétexte la situation au Proche-Orient, est gentiment ignorée, malgré les agissements de la tribu Ka, malgré le meutre du pauvre Ilan, entre autres. Etonnemment, l'antisémitisme des banlieues, altermondialiste et communautariste, est d'essence plus  complexe qu'il n'y parait et en tout cas peu inspiré par l'Islam intégrisme. Pour les antisémites d'Afrique sub-saharienne, par exemple, la figure du juif correspond à celle du riche commerçant esclavagiste. On est aussi loin des nazis que de la Palestine...

Cependant, de cet antisémitisme, nulle trace dans les comptes-rendus des événements du Parc des Princes...comme si celui-ci était absolument intraitable dans la France malade et hyper-relativiste de 2006, au contraire de l'antisémitisme d'extrême-droite, que l'on peut toujours appréhender simplement par l'Histoire. Comme si les petits fachos blancs, même s'ils ont renié la République, restaient français, tandis que les excités de banlieue, qui n'adhèrent ni à la République ni à la France, ne devaient être ni provoqués ni stigmatisés dans un pays toujours traumatisé par les événements de novembre 2005...

Publié dans Paris

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