Procès des faux-électeurs du 3ème : un verdict à vomir...

Publié le par Antonin Prade

Laurent Dominati et son père, Jacques Dominati, au cours des élections législatives de 1993. | BUU ALAINLa nouvelle vient de tomber et c'est un coup de plus à la démocratie française. C'est également un coup pour tous les citoyens de nos quartiers du Centre de Paris qui ne méritaient pas ça :

Après 6 semaines de débats et 17 ans d'enquête pour déterminer la responsabilité des Dominati, mais aussi d'anciens employés de la mairie et responsables locaux du RPR, Jacques Dominati a été relaxé, mercredi 19 décembre, par le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire des "faux électeurs", ces sympathisants recrutés illégalement pour le maintenir à la mairie du 3e arrondissement parisien. Il était mis en examen pour fraude électorale en 89 et 95, quand, selon l'accusation, un système avait été mis en place pour inscrire sur les listes électorales des sympathisants de droite habitant dans d'autres arrondissements ou en banlieue, pour "doper" les scores de Jacques Dominati.

Huit des quatorze autres prévenus ont été condamnés, dont Philippe Dominati, 52 ans, sénateur UMP de la capitale et fils de Jacques, qui a écopé d'une peine de six mois de prison avec sursis et de 2 000 euros d'amende. Il n'est cependant pas déclaré inéligible. Reconnu coupable de fraude électorale, sans être déclaré inéligible...pas mal!

L'autre fils Dominati, Laurent, a également été relaxé. Les prévenus condamnés devraient faire appel, ce qui suspendra l'exécution de la sanction.

Aujourd'hui retraité et âgé de 79 ans, Dominati n'avait pas contesté avoir su que certains de ses partisans s'inscrivaient indûment, tout en considérant qu'il s'agissait là d'une pratique acceptable "qu'on soit électeur dans un arrondissement (sans y habiter), dans la mesure où on y était attaché" «Ceux qui se sont inscrits dans le IIIe l'ont fait de manière naturelle, c'était une sorte de tradition. J'ai une liste de collègues de mon bord politique qui se trouvaient dans la même situation que moi. Si vous me la demandez, je vais être dans l'obligation de vous la fournir !». On croit rêver...

On rappelle que le procureur de la République avait évoqué, au cours du procès "Une fraude électorale massive mise en place en 1988 avec un double objectif : le maintien de Jacques Dominati dans le IIIe, et un grand chelem à Paris de Jacques Chirac, qui vient alors d'être battu à la présidentielle".

Quand la Justice se met à aller autant de travers, c'est vraiment le signe qu'un système politique clanique, clientéliste et méprisant le droit est à bout de souffle mais tient encore debout. A nous autres citoyens de ne jamais baisser la garde.

PS : je rêve en secret que cette bande de filous fasse appel et soit condamnée par la cour d'appel à du très très lourd...

Publié dans Paris

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