Le décollage

Publié le par Antonin Prade

Cette campagne est partie sur les chapeaux de roue en ce mois de janvier 2007. Il est parfois difficile d'en suivre le rythme pour les observateurs avisés et surinformés ; j'imagine que la plupart des Français ne sont à l'écoute immédiate de la dernière rumeur, de la dernière déclaration ou de la dernière vicissitude de la campagne. J'imagine également que les réactions au sacre de la Porte de Versailles, aux gaffes en série et aux problèmes d'obtention des 500 signatures des uns et des autres sont très différement perçues que ce qu'en imaginent les commentateurs politiques. 

On peut juste noter que la campagne, pour ce qui occupe le plus les médias, à savoir l'opposition entre le candidat UMP et la candidate du PS, prend un tour assez détestable avec le même rythme ternaire pénible :

1. Gaffe ou phrase naïve de Ségolène Royal ou d'un de ses soutiens

2. Réaction tour à tour cynique, ironique ou hypocrite de Nicolas Sarkozy ou d'un de ses lieutenants

3. Mesure du résultat du match de ping-pong dans le dernier sondage

C'est une séquence politiquement et intellectuellement pauvre et stérile et ça n'augure ni d'un débat constructif, ni d'un grand respect entre les 2 partis ; François Bayrou va vraiment avoir du mal à faire travailler ensemble tous ces gens-là quand il devra redresser la France...

A propos de Bayrou, on est désormais au-delà du frémissement, on est dans l'affirmation d'un potentiel de présidentiable, avant d'être demain un vrai outsider, si l'on continue à ce rythme. Beaucoup de gens disent en en particulier apprécier la dignité de la campagne et le respect de François Bayrou pour les citoyens du pays, quand l'une leur ment et l'autre les manipule...

D'où des sondages qui le placent entre 9% et 13%, 4ème ou 3ème homme (quelle jubilatoire revanche sur l'Histoire et le 21 avril si Bayrou dépassait Le Pen!) : Bayrou est aujourd'hui le seul candidat à avoir une  dynamique positive, quand les autres s'érodent ou stagnent et il profite à plein du désistement de Nicolas Hulot (qui a dû lire mon blog la semaine dernière) et du dégonflement progressif du ballon de baudruche Royal.

 

Publié dans Paris

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antonin 19/02/2007 09:14

bonjour Tibo,
Pour répondre à ta question, je te donne rendez-vous au lendemain du 1er tour. C'est un peu prématuré pour le moment, alors que FB et ses amis croient sincèrement en ses chances de l'emporter.
sinon, en ce qui concerne le programme, il est dévoilé à partir de cette semaine en 5 volets : ça commence par l'économie vendredi 23/02...
 
 
 

Tibo 18/02/2007 17:16

Bonjour,
Tombant sur votre blog, je me demandais...
En tant qu'électeur de Bayrou, si le duel de second tour opposait Royal à Sarkozy, vous voteriez pour qui?
C'est une question capitale parce qu'elle éclairerait davantage vos convictions...Pour l'instant, le programme de Bayrou manque pour les discerner, même si je ne doute pas qu'il va bien finir par arriver.

Laurent 30/01/2007 16:24

Etonnant mimétisme qui consiste à fustiger le culte des sondages, savamment entretenu par les principaux médias et les principaux candidats, pour ensuite s'appuyer sur ces mêmes sondages et en déduire que le discours de F. Bayrou trouve un écho chez les Français...
Au-delà de la forme, la percée de F. Bayrou dans les sondages répond sans doute à un ras-le-bol des sondés face à un choix binaire depuis trop longtemps répété à longueur de pages ou d'antennes. Et peut-être également à un "style", celui du "gentil-loser-qui-dit-la-vérité", qui tranche avec la démocratie soi-disant participative (30 mn de libre expression pour les participants dans des réunions de 2h...) et avec le show-off sarkozien.
Néanmoins, la dernière partie de l'analyse est la plus intéressante à commenter. F. Bayrou bénéficiera-t-il du retombé de soufflé de Mme Royal ? Là est bien l'un des enjeux de cette campagne. Car malgré ses évidentes difficultés à manager son équipe et à construire un discours, Mme Royal devrait faire le plein dans son électorat traditionnel dès le 1er tour puisqu'elle sera la seule candidate de la gauche dite de gouvenement. Bloc contre bloc, elle demeure, et de loin, l' "arme anti-Sarkozy" la plus crédible. De fait, elle devrait également, dans un réflexe de vote utile, capter la part de l'électorat non PS mais clairement anti-Sarko. Précisément la cible de F. Bayrou... Ce match dans le match sera intéressant à suivre.