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Mardi 8 avril 2008

Le parcours parisien chaotique de la flamme olympique le 7 avril a été l'occasion d'un emballement médiatique, d'une bataille de symboles et d'un révélateur des positions politiques, qu'elles soient cyniques, bien-pensantes ou complétement dépassées, des uns et des autres.

Quelques réflexions lucides s'imposent cependant dans le vacarme ambiant afin d'agir justement et sereinement. Afin notamment de ne pas finir de dilapider ce qui reste de crédibilité diplomatique à la France.

Tout d'abord, il faut bien comprendre que les Chinois se moquent éperdûment de ce que pensent l'Occident en général et les Français en particulier de la question tibétaine. Ils considèrent que la question relève de leur sécurité intérieure, voire de leur stratégie de sécurisation en énergie et en matières premières. Toute opinion externe relève d'une inqualifiable ingérence, voire du néocolonialisme. Quant aux droits de l'Homme, à la liberté de la presse, ce sont des notions abstraites pour des dirigeants qui doivent consolider un pouvoir centralisé sans cesse grignotées par les forces centrifuges qui agitent l'Empire du Milieu. Les Jeux Olympiques n'ont rien à voir avec ces sujets politiques et moraux, d'où une certaine dychotomie avec notre idéal olympique...En revanche, les Chinois comptent beaucoup sur le retentissement international des JO pour célébrer leur nouvelle puissance économique. 

A côté de la plaque? Peut-être, mais peut-on leur en vouloir quand on sait que les JO d'hiver de Salt Lake City ont été littéralement achetés et que les JO de Sidney ont également été entachés d'une affaire de corruption. Peut-on blâmer les Chinois de décorréler les JO de leur portée humaniste et politique quand la Russie de Poutine s'est payé pour 12 milliards de dollars des Jeux d'Hiver dans une ville inconnue, où tout est à construire, même les pistes de ski. En 1996, à Atlanta, c'était Coca-Cola qui s'était offert des jeux à sa gloire. Athènes, si elle avait eu les moyens de sa portée symbolique, aurait pu redresser la barre de ces choix mercantiles. Paris également, qui avait tout (trop?) misé sur une logistique rigoureuse et sur une certaine idée des valeurs du sport, a été retoquée, victime du déclin français... 

Les JO sont donc devenus affaire d'affichage d'une certaine puissance économique et politique du pays hôte, dans le cadre ultraconcurrentiel de la mondialisation. Les affres d'Athènes, capitale d'un petit pays enclavé, déjà pauvre avant les Jeux et désormais endettée pour des années, en sont le meilleur exemple.
Au XXIème siècle, les Jeux doivent jeter aux yeux du monde l'opulence et le savoir faire nationaux. Ils sont devenus les tribunes d'une chauvinisme populaire pénible. C'était les incessants "USA USA" à Atlanta, c'était l'hystérie des Grecs pour leur unique athléte médaillable, qui s'est révélée dopée...

Quand la symbolique nationaliste prend le pas sur les valeurs sportives, la bataille des images n'est pas loin, et c'est alors qu'on assiste à des manifestations drapeaux contre drapeaux, policiers casqués contre militants, etc., etc. En l'occurence, cependant, les Chinois n'ont que faire de nos gesticulations préalables aux Jeux, car ils savent à raison que la France ne boycottera jamais seule les jeux de Pékin, nous avons trop besoin de leur vendre des avions et des centrales nucléaires. D'où l'impasse actuelle, notamment pour le Gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche.

Dans ce contexte difficile où nous sommes plus dépendants de la Chine que l'inverse, la meilleure solution serait sans doute une mobilisation de l'opinion publique et de la société civile avec un véritable impact là où ça fait mal, à savoir sur la consommation de produits chinois. Un boycott des jouets, vêtements, voitures, équipements hi-fi et électro-ménagers chinois, avec la neutralité bienveillante des pouvoir publics, ferait sans doute d'avantage réfléchir les chinois que trois drapeaux tibétains... Un tel mouvement, pour être efficace, devrait dépasser la France et doit être envisagé au niveau européen. Chiche? 

par Antonin Prade publié dans : Politique
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Mardi 27 novembre 2007
Certains ne manquent pas d'un certain culot pour profiter politiquement des dramatiques troubles urbains de Villiers le Bel, et assez pathétiquement pour essayer d'exister à nouveau.

L'ancien Monsieur Sécurité du PS, Daniel Vaillant (si, si, celui qui était ministre de l'Intérieur en avril 2002, et qui était donc responsable du bilan et du programme de Lionel Jospin pour la sécurité, qui ont tant plu aux Français) aurait ainsi déclaré à l'AFP que "les violences en banlieue n'arrivaient "que quand la droite est au pouvoir. Ce n'est pas arrivé quand nous étions aux responsabilités. Peut-être qu'on s'y prenait autrement".

Les bras m'en tombent que de telles responsabilités aient un jour été données à de tels personnages.
par Antonin Prade publié dans : Politique
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Mardi 30 octobre 2007
Charles de CoursonJe lis avec amusement, mais aussi avec une pointe d'écoeurement, une interview au Point de Charles Amédée du Buisson de Courson, député de la Marne qui  ne manque pas d'un certain culot pour justifier le projet de loi ad hoc sur le financement des partis. Morceaux choisis :

"Notre proposition de loi ne concerne pas uniquement notre parti."
Elle a l'air quand même de répondre idéalement aux besoins de financement du Nouveau Centre, groupe qui l'a proposée...un hasard, sans doute!
 
"Des partis comme les Radicaux de gauche pourraient aussi bénéficier d'un financement et donc gagner leur autonomie"
Par pitié, laissons ces pauvres radicaux de gauche qui n'ont rien demandé à personne en dehors des combines des nouveaux amis de Nicolas Sarkozy...

"Il est dans une impasse, isolé. On lui mange l'espace sur sa droite, et à gauche, (...) De toute façon, sa position est indéfendable."
Courson parle-t-il de François Bayrou ou du Nouveau Centre, ça reste flou...
 
"Il ne sert pas la démocratie"
Ca, c'est sûr qu'une loi de financement rétroactive destinée au financement d'un groupement politique affilié de fraîche date à la majorité présidentielle, ça sert la démocratie!

"Quoi qu'il arrive, nous trouverons un moyen de bénéficier de l'aide publique"
Le contribuable que je suis en est ravi, monsieur le héraut de la maîtrise des dépenses publiques. 

Pour conclure, on pourra rappeler qu'en avril 2007, Charles de Courson et Hervé Morin écrivaient avec prémonition sur les cadeaux fiscaux de Sarkozy : "Décidément avec Nicolas SARKOZY tout devient possible : c’est Noël à Pâques ! " La preuve :
http://www.udf.org/groupe_udf_AN/communiques_presse/communiques2007/morin_courson_060407.html
Pour le Nouveau Centre, c'est désormais Noël à la Toussaint...
par Antonin Prade publié dans : Politique
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Lundi 8 octobre 2007
Lu dans les "confidentiels" du Point :

Mairie de Pau : grandes manoeuvres pour contrer Bayrou
François Bayrou doit annoncer le 4 octobre sa candidature à la mairie de Pau. Il a dû apprécier modérément que Nicolas Sarkozy ait reçu justement mercredi Yves Urieta, le maire socialiste sortant, dans la plus grande discrétion. Après un entretien d’une demi-heure, il a été décidé que ce dernier, qui n’a pas obtenu l’investiture du PS, conduise une liste d’ouverture avec des personnalités locales de l’UMP. Urieta doit annoncer aujourd’hui sa démarche à François Hollande, qui pourrait prononcer aussitôt son exclusion. Cette alliance complique sérieusement la tâche de François Bayrou. C’était le but. Osera-t-il dès lors se rapprocher de la socialiste Martine Lignières-Cassou investie par le PS pour contrer cette liste d’ouverture? 

Espérons juste que les électeurs palois, ayant voté à 30% pour François Bayrou le 22 avril dernier fassent la différence entre d'une part une démarche, même balbutiante mais sincère et pleine d'avenir, de rénovation politique et d'autre part une tactique politicienne et cosmétique téléguidée de l'Elysée...
par Antonin Prade publié dans : Politique
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Lundi 11 juin 2007
Une petite impression de Carthage rasée par les romains, ce matin...où l'on aurait versé du sel sur le sol pour que rien ne repousse.

La claque est sévère et cruelle pour un grand nombre de candidats du Mouvement Démocrate courageux et motivés qui ne méritaient pas ça, mais elle était prévisible.

A ce niveau de défaite cependant, on ne peut malheureusement pas tout expliquer par l'effet conjugué de la dynamique présidentielle de Sarkozy et le scrutin majoritaire : le positionnement stratégique du nouveau mouvement, le contenu programmatique, le choix des candidats expliquent également n'importe quel résultat électoral de n'importe quelle formation.

Quel que soit le résultat des survivants de l'UDF-Mouvement Démocrate dimanche prochain (1, 2, 3, 4 ...ou 0 députés), il faudra se poser les bonnes questions et notamment celle-ci : quelle offre politique le Mouvement
Démocrate propose-t-il aux Français, mise à part un gage de pluralité, et dans le cadre de quelle organisation ? Vaste sujet, mais ça tombe bien, nous avons du temps devant nous pour y réfléchir sereinement...
par Antonin Prade publié dans : Politique
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