C'est décidé. Jean-Marie
Cavada, celui-là même qui a été soutenu par le PS aux législatives de juin 2007, le même qui a déclaré "Quand un pouvoir exécutif s’installe, il y a immédiatement besoin de contre-pouvoirs
qui le surveillent", sera candidat UMP dans le 12ème arrondissement de Paris. Une décision mûrement réfléchie après avoir été recu à l’Elysée par le Président Sarkozy. Depuis octobre,
l’ami Cavada ne cachait même plus ses prétentions gouvernementales, sans doute afin d’ajouter un addendum prestigieux à sa modeste autobiographie, « Une marche dans le
Siècle ».
Je l’aimais bien ce Cavada, je trouvais qu’il avait une démarche intéressante et un certain courage. Mais là, j’avoue qu’il ma bluffé : trahir directement en rejoignant l'UMP depuis le Modem sans passer par la case « baron de l’UDF », c’est nouveau, c’est fulgurant, c’est la grande classe. Plus sérieusement, avec ce que Cavada savait de la stratégie du Modem en juin 2007, c'est vraiment incroyable de tourner casaque comme ça. C'est presque du Maurice Leroy, tiens, qui a cru qu'il pouvait le vendredi insulter Sarkozy et le lundi suivant devenir son ministre de l'agriculture. A l'époque, la rumeur voulait que, sûr d'obtenir son petit maroquin, "Momo" avait déjà embauché chauffeur et garde du corps. Plus dure a été la chute…
Pour revenir à ce pauvre Cavada, qui sera cornaqué par la sévère Christine Lagarde dans le 12ème arrondissement (à confiance, confiance et demi), il devrait de toute façon finir, après une rouste prévisible aux municipales, dans les poubelles de l'histoire, où il retrouvera un jour ou l'autre les Santini, les Morin et autres Sauvadet. Quant à Courson, sa loi de financement du Nouveau Centre mérite qu'il soit tondu à la libération (voir mon post du 30 octobre dernier).
Sinon, j'ai revu Valérie Létard, c'était hier à la télévision. Elle va bien, elle essayait d'exister à côté de Xavier Bertrand. C'était assez drôle, finalement.
Antonin Prade
Un radical valoisien à
l'Ecologie, un centriste à la Défense, des socialistes aux Affaires Etrangères et aux Affaires Européennes...Ajoutez-y Fadela Amara à la ville, Valérie Létard à la solidarité, Barnier
l'européen à l'agriculture, des femmes de qualité à la tête de plusieurs ministères régaliens. Ca ressemble à s'y méprendre à l'équipe qu'aurait formé François Bayrou s'il avait accédé à la
présidence de la République. Ajoutez-y des clins d'oeil appuyés à nos partenaires européens et un voile pudique sur les sujets "sensibles", l'illusion d'une union nationale acceptée par
tous pour redresser la France est presque parfaite.
Hier soir, j'étais à Lille pour le premier meeting de campagne de François Bayrou, qui a livré devant une salle à la fois convaincue et attentive un discours programme à la fois lucide, dense, complet et porteur d'espoir, que j'aurais pu écrire à 98% :
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