Dans l’après-guerre, puis au moment de la montée du chômage qui a suivi le choc pétrolier de 1973, la France a adopté un système d’assurance-chômage généreux, maintes fois réformé depuis et en déficit chronique. Ce système est devenu, selon les points de vue, un pilier du modèle social français ou un droit acquis intouchable, censé réduire les inégalités sociales et offrir un filet de sécurité collectif pour les accidents professionnels.
Pourtant, en 2005, aux côtés d’ouvriers victimes de délocalisations industrielles, on peut trouver un jeune banquier d’affaires parisien licencié disposant de 4500 euros mensuels versés par les Assedic et partant faire un tour du monde d’un an ou un jeune licencié du secteur des médias choisissant de s’installer à Barcelone pour y rejouer pendant deux ans l’Auberge Espagnole. On trouve également un ouvrier du bâtiment portugais qui vient rénover des maisons dans le Lot pendant un an, avant de repartir dans son village natal des environs de Lisbonne où les allocations des Assedic lui permettent de vivre pendant deux ans sans travailler. On notera au passage qu’au Canada, infâme cloaque néolibéral bien connu, les allocataires de l’assurance-chômage n’ont pas le droit de quitter le pays, car ils sont censés chercher un travail…Pour revenir en France, on trouve également de jeunes actifs diplômés mécontents de leur travail demander, et obtenir, d’être licenciés par leur employeur, ce qui leur permet de chercher sans pression une position convenant davantage à leurs attentes. On voit également des maisons de production fournissant des programmes télévisés à des chaînes publiques employer, au noir évidemment, de jeunes chômeurs qui vivotent en cumulant une petite allocation chômage et de maigres piges ponctuelles. On a enfin entendu parler d’une consultante d’un grand cabinet américain demander à être licenciée afin de passer le concours de l’ENA allégée de toute contrainte financière ! Aux dernières nouvelles, le cabinet américain aurait très civiquement refusé cette demande…
Tous ces exemples sont réels, ils ne sont ni grossis, ni déformés. Faut-il en conséquence jeter la pierre à des personnes qui, évoluant à la limite de la fraude, optimisent leurs ressources financières aux dépens de la collectivité ou blâmer un système dépourvu de contrôle effectif des indemnisés ? Un peu des deux, sans doute, car le contrat social français, qui repose sur un système de redistribution équitable entre les plus faibles et les plus forts, est miné par ces comportements qui dessinent chaque jour davantage le visage peu avenant d’une France où règne la règle du chacun pour soi, où les phrases-sésame « j’y ai droit » ou « les autres le font bien » tiennent lieu d’alibi déculpabilisant au moment de profiter d’un système dévoyé et à bout de souffle.
Et surprise ! Les victimes de ces abus sont toujours les mêmes, ce sont ceux qui paient toujours la facture de tous les pots cassés dans la France de 2005. Ce sont d’une part les plus faibles pour qui le système a été conçu, ouvriers d’industries délocalisées à qui la collectivité doit assurer une formation de reconversion ou encore les jeunes ballottés de CDD en CDD, voire au RMI, sans le filet de sécurité qu’on devrait assurer aux plus précaires dans une société solidaire. Ce sont d’autre part ceux qui financent le système, appliquant simplement les règles et ne considèrant pas le système d’assurance-chômage comme une vache à lait. Et encore, ceux-ci commencent ils également à se douter qu’ils devront s’acquitter un jour de la facture accumulée par d’autres…
En conséquence, faute de volonté politique sur le contrôle des chômeurs face aux levers de boucliers des syndicats, le système d’assurance-chômage se retrouve au cœur de la sclérose économique, sociale et morale de notre pays. Face à ce blocage, arrivera peut-être le jour où la cotisation à l’assurance-chômage deviendra facultative, ce qui en provoquerait la faillite quasi-certaine. Les personnes abusant du système seront-elles les mêmes à en réclamer le maintien en l’état à corps et à cris ? Peut-être pas, mais il ne faudra pas s’étonner si ceux qui respectent encore aujourd’hui les règles dénoncent un contrat social obligatoire dont chacun ne se sent pas tenu par les mêmes termes.
Je vous conseille vivement Le Jour où la France a fait faillite, un livre bien documenté et très réaliste de politique fiction sur le jour pas si lointain où les créanciers internationaux d'une République Française plombée par son laxisme budgétaire et la lâcheté de ses hommes politiques refuseront de lui faire crédit...
L'année dernière, les 15 000 m2 de l'usine de Noyon (Oise) paraissaient presque vides. Les commandes se réduisaient, le travail manquait. «Rapidement, c'est devenu comme une psychose», témoigne la directrice des ressources humaines. Puis la direction de Samas France, filiale du numéro 1 européen du mobilier de bureau, a décidé de rapatrier en France une partie de la production délocalisée en Chine cinq ans plus tôt. Depuis septembre, Noyon et ses 150 salariés tournent à plein. «On ne fait pas de patriotisme économique, précise Valentin Schmitt, directeur des opérations de Samas France. On a pesé le pour et le contre en faisant fi de tous les dogmes : "Délocaliser rend plus compétitif", "L'industrie n'a plus d'avenir en France"...» Après cette «pesée», la relocalisation s'est imposée. Driss Jaouze, délégué syndical CFDT et salarié à Noyon depuis 1972, ne parle plus que de «la confiance» que les dirigeants ont faite à son usine. «On ne pourra jamais être aussi rentables que les Chinois, mais on va se rattraper grâce à une meilleure organisation.»
Les Enfants de Don Quichotte, en installant des tentes de SDF en plein centre de Paris, ont voulu attirer l'attention sur la situation dramatique, tout particulièrement en hiver, des plus mal logés de nos concitoyens (c'est un euphémisme). Dans la foulée, une association a occupé, et occupe toujours, un immeuble de bureau parisien pour y créer le "Ministère de la crise du Logement". Pour ne pas être en reste, le DAL a brièvement occupé le siège de Gecina, la plus importante société foncière française.
Certains choisissent de dénoncer les effets de la spéculation immobilière, entretenue par les promoteurs et les marchands de biens, l'inaction coupable ou complice de pouvoirs publics et la cupidité des propriétaires : ça défoule et ça donne bonne conscience. Au-delà des invectives le constat d'une allocation faussée et dégradée des logements en France permet de distinguer les pistes d'action suivantes :
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